SAISON 06 _ ÉPISODE 03 – PROPAGATION – Ana Vocera / La Place forte / Emosmos _ POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PEER.

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Saison 6 épisode 3’ Pour le meilleur et pour le peer

PROPAGATION

CAMP GABA 03

Je flotte au dessous du trapèze. Mes jambes ballotent mollement. Ou n’existent plus.

Je flotte et je ressors. Plein de gouttelettes oranges sont imprimées. Je perçois. C’est rien. Je sens. C’est parfois.

Un entrelacs atonal. Le flux blanc transpose mon tympan en tunnel inaltérable.

Je sais où je suis. Je suis rentré il y a deux jours. Deux semaines entrecoupées de nuits anonymes. Une seconde est élargie et devient une zone de transition dont l’attente aveugle. C’est un rêve de toute beauté. Analya obsédante. Analya ma femme. Kandahar. Notre maison basse. C’est partout.

Ici. Je suis médecin. Je soigne les pauvres. Les pauvres souffrent plus. On me remercie. C’est rien. Puis tout. Je me déplace au sein d’un frottement géométrique. Le jardin nous attire l’admiration des voisins. Analya. Une multitude de fleurs vives sont imprimées sur sa pleine inflation. Elle est en vie. Elle se propage. Page. Age. Je.

Deviens intemporelle.

Y a-t-il une direction où mes souvenirs peuvent se maintenir debout ? Il est zéro heure. J’ai quelque chose planté sous l’omoplate droite. Ou quelque chose qui pousse. Il est zéro heure zéro minute une seconde de transition.

Dieu est éternel. Me protège. Et je le remercie infiniment. Pardonne moi Dieu sublime. J’ai perdu l’orientation de mes jambes et mes genoux sont devenus faillibles. Je ne te renvoie aucune lumière. Tu es grand et au-delà de cette limite de flottaison. Je voudrais me prosterner. Je ne retrouve pas le sol. Donne moi le courage de me prosterner devant toi. Ne déplace plus rien. Réunis moi à la Ka’ba. Dieu est l’Unique. Dieu est grand.

Où est seulement le sol ?

Analya ma bien aimée. Kandahar. La poussière qui se répand partout sur le passage des tanks. Quel est le son d’une chenille quand elle écrase un corps ? La fréquence est diffuse et permanente. Je vais éparpiller Analya dans notre chambre. Et je caresse ses boucles noires lentement dévoilées par son regard perçant. Quel est le son d’un impact de balle quand elle perce un mur de torchis ? Boucle rouge terre. Ahmed 8 ans hurle et arrache l’éclatement de ses os. Analya 25 ans ne flotte plus.

Bone shrapnels.

Je flotte sur le devant du trapèze. Mes jambes coulent. Je ne ressortirai pas. Je dois prier et me réinscrire dans l’ordonnance de ce qui fut. Avant le trapèze. Avant la chronologie blanche. Avant les narines qui ne cessent de saigner. Ahmed a faim et soif. Je cours chercher. Ce sont des images rampantes. Ahmed n’a jamais existé. C’est un simulacre assourdissant de famine. Un obus sec. Répété 100 fois. Je vois des gants en latex me saisir la bouche. Arracher des emplacements.

Où est seulement le sol ?

Mais la veste camouflage est muette. Elle ne restera que quelques mesures molles. C’est le présent maintenant ? Tu es l’ennemi. Dieu m’en éloigne. Elle reviendra un méconnaissable bientôt. Une autre bribe successive. Je dors ? N’autoriser aucun repos.

Ahmed aide ta mère à se relever. Ahmed cesse de percuter tes pieds contre son enveloppe. Quand la tête s’en va, il ne reste rien de la conscience charnelle. Cesse de taper contre moi. 100 fois par souffle. Je m’évanouis ?

Tant l’hymne glaçant me pétrifie. Rue Sésame [P]. C’est un repère. C’est un emplacement. Mes neurones se calibrent et se réunissent autour de lui. Rue Sésame générique, concret écrasant.

Il est 2390 au décompte sur lequel s’est fixé mon corps. 2391.

ChapiChapo [P] martèle à intervalles réguliers. 2392. C’est un repère. C’est une coordonnée mentale. Non-rien. 2393.

Analya dont deux boucles restent collées à ce qui s’identifie à notre plafond. Le plafond est une production spontanée et défensive de mon cerveau. Aucun mur ne me sépare d’un autre mur. D’un autre aveu glissant. Je suis ? Plus personne ne m’en fera parler.

J’ai extrait la balle de la tête. Tout le village entourait la tente. Je l’ai sauvé. Sans toucher le nerf optique. Les parents émus aux larmes m’ont donné de l’opium. Pour me remercier. Ils n’avaient que ça. Des champs blancs à perte de vue. Aveuglants. 10 éclats par secondes. C’est rien. Je ne résiste plus. Je succombe au Suprême. J’aime Toccata stroboscopique. Toccata est grand.

Toccata. Cata. Cata. Cata. Ta. Ta ! Tata ! Tatata ! Tatatatata ! Tatatatatatatatatata !

Toccata est le Lieu unique. Qui se répète sans fin ni commencement. Toccata est Ce Christ tout Puissant qu’ils m’ordonnent de sublimer. Ma vision est parfaite.

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INTERLUDE PROMOTIONNEL

Region I
Region II
Region III
Region IV
HYMNEN - KARLHEINZ STOCKHAUSEN – [C] [N]

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CAMP METALLICA 04

Deux pas sur deux pas. Deux enjambées pour quitter l’échelle de contrainte. Fluctuante mémoire de l’entrée. Plus aucune réminiscence de la sortie. J’avais quitté la déflagration. Ce fut l’œuvre de Dieu dont j’avais été furtivement l’emblème punitif. Je quitte la destruction et la contemplation de la destruction.

Extase cristalline. Le son et sa réverbération de mort caressant toutes les collines embrassant mon village. Deux-cent-vingt-trois impurs morts. Ahmed qui chante une louange et Analya qui le corrige. Et l’entraîne vers une tonalité supérieure. La couleur des collines m’échappe. L’eau y coulait-elle en leurs lits ? Il y a une représentation d’elles quelque part ici. Hier. Est-ce passé en moi ?

La Gloire. Et la Vengeance. Je me réveille ? Je me sens en joie. Je m’endors ? Je suis un médecin. Je soigne les victimes. Je tue les bourreaux. Mes dents sont douloureuses. Dieu m’a converti en arme. Un e-mail du Mollah. Un SMS depuis moi. Je convertis le croisé en saint Brasier. Puis détruire l’évidence du portable. Ahmed noie la détonation dans le puits. Ahmed, où est la nuit ? C’est ici sous toi me répond-il.

Fight Fire With Fire [N] hurle. Envahit chaque centimètre compulsé. Envisageable. Je n’ai plus peur. La peur n’est plus de ce visage de régression. Je suis médecin. J’ai vu la psychose s’emparer des enfants de la vallée. Je l’ai vue enfler. Déformer leurs visages criblés d’images inoubliables. Real Time Hollywood. Apocalypse Wow ! La terreur est une plaie ordinaire ici. Une pute qui justifie les trahisons. Nous savons la torturer. Je venge les cauchemars d’Ahmed. Je ris. Je suffoque. Puis je mutile froidement ceux de mes soldats que la lâcheté a emportés.
Fear shrapnels.

J’ai perdu un pied. Le gauche. Ou est-ce le droit ? Qui y a-t-il au centre de moi ? Analya tête arrachée. Die, Die My Darling [N]. Qui y a-t-il à côté de moi ? Analya visage maquillé ce jour de notre mariage. Ahmed en elle bientôt. Il y a un grésillement. Il y a une distorsion qui rebondit dans l’invisible. Je ne touche rien. Le visage de la foule qui frappe brutalement dans ses mains. Nous défilons et saluons les voisins. Je ne connais pas de mot pour dire le froid. Ce froid de morgue sensorielle. Et le vide noir dont la foule hilare ne souffre pas. Encore. Que de sourires et de joie. Je dois venir ?

Now - Let my people go, Land of Chosen Go - I will be with thee, bush of fire – Blood - Running red and strong down the Nile – Plague - Darkness three days long, hail to fire - So let it be written - So let it be done - I’m sent here by the chosen one - So let it be written - So let it be done - To kill the first born pharaoh’s son - I’m Creeping Death [N].

Ces draps sont trempés de mon urine. Je n’ai plus la conscience de l’humide et du sec. Je sens le battement d’un rat blotti contre moi. Ou c’est une simple tête de chienne qui me lape le front. Ou encore Ahmed qui me dévore le ventre. Chaque ligament. Chaque donnée. Chaque déchet.

Du monstre. Je sens des mains en caoutchouc me palper comme un cadavre que l’on pille. Me remettre sans cesse dans une position dont je ne comprends même plus la combinaison. J’ai retrouvé mes genoux puis je les ai aussitôt reperdus en deçà de ma nuque forcée. Parfois c’est un rire mutant qui peine à couvrir les incessantes guitares. Puis rien. Puis sans raison une frénésie de coups. Une douleur dont je remercie le rappel de ma capacité de vie. C’est le réel là ? Je peux alors en jouir.

Puis ma tête dans les eaux. Puis la St Anger [N]. Puis le clignotement aveuglant. Puis une piqûre. Puis ma tête dans les eaux. Puis la St Anger [N]. Puis le clignotement aveuglant. Puis une piqûre. Puis ma tête dans les eaux. Puis la St Anger [N].

Puis la douce voix d’un Homme dont je n’entends plus rien. Sinon.

Kill’em all.

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FIN DE MISSION – ANA VOCERA / LA PLACE FORTE-EMOSMOS

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